<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/"><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/</link><title>Menuet</title><description>Menuet</description><language>fr</language><webMaster>webmaster@gayattitude.com</webMaster><lastBuildDate>Mon, 01 Dec 2008 04:39:03 +0100</lastBuildDate><pubDate>Mon, 01 Dec 2008 04:39:03 +0100</pubDate><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20081130205515/15place-dupleix/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20081007155919/7boulevard-de-la-tour-maubourg/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080907201446/11rue-de-lyon/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080824112920/16rue-de-passy/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080819203402/9rue-lafayette/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080814121658/16rue-de-l-annonciation/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080811195104/4rue-saint-louis-en-ile/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080715172724/8parc-monceau/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080710225743/6rue-de-rennes/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080623010633/4rue-vieille-du-temple/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080524003643/7rue-de-lille/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080505203653/16rue-lyautey/" /></rdf:Seq></items></channel><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20081130205515/15place-dupleix/"><title>15Place Dupleix</title><description>Simuler le temps et la proximité à la fois. Mentir aux bras et à la continuité en même temps. En accéléré. Arte présente une nouvelle théorie sur l'évolution, W9 en reste à la diffusion des Simpson. Tout ce rien sur l'écran gigantesque. Il y a des questions qu'on ne devrait pas poser, celles dont la réponse gâche l'inédit de la volonté d'origine. Dehors les jolies façades, grises. Et moi j'attends, affalé-assis, le garçon de la pub allongé tête sur mon ventre, les mains sur mon pull. Epaules douces et doigts sur cheveux. Vieux couple d'un soir. Pas grand chose à nous dire, mais aux yeux d'un tiers, tout de ce silence pourrait passer pour une parfaite connaissance de l'autre. A ce qu'on murmure, les jambes en l'air sur Rendez-vous ne sont plus du dernier bon goût. Paris assure sa suite, affect et mariage d'une nuit à la carte. Rassurant comme une histoire de madeleines, facilité des gestes et comportements à adopter en prime. D'un inné sans nom. Mais il est temps de s'en aller, lassant comme tout jeu, sans pour autant avoir l'envie de s'échapper en n'en gardant rien.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Simuler le temps et la proximité à la fois. Mentir aux bras et à la continuité en même temps. En accéléré. Arte présente une nouvelle théorie sur l'évolution, W9 en reste à la diffusion des Simpson. Tout ce rien sur l'écran gigantesque. Il y a des questions qu'on ne devrait pas poser, celles dont la réponse gâche l'inédit de la volonté d'origine. Dehors les jolies façades, grises. Et moi j'attends, affalé-assis, le garçon de la pub allongé tête sur mon ventre, les mains sur mon pull. Epaules douces et doigts sur cheveux. Vieux couple d'un soir. Pas grand chose à nous dire, mais aux yeux d'un tiers, tout de ce silence pourrait passer pour une parfaite connaissance de l'autre. A ce qu'on murmure, les jambes en l'air sur Rendez-vous ne sont plus du dernier bon goût. Paris assure sa suite, affect et mariage d'une nuit à la carte. Rassurant comme une histoire de madeleines, facilité des gestes et comportements à adopter en prime. D'un inné sans nom. Mais il est temps de s'en aller, lassant comme tout jeu, sans pour autant avoir l'envie de s'échapper en n'en gardant rien.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20081130205515/15place-dupleix/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-11-30T20:55:15+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20081007155919/7boulevard-de-la-tour-maubourg/"><title>7Boulevard de La Tour Maubourg</title><description>Elle m'ouvre la porte avant même que je sois arrivé devant. Je suis supposé être à l'école, mais sa proposition de nous voir si vite après son retour, en tout premier, m'a séduit. Son sourire m'illumine et mon humeur morose de ces dernières heures s'envole aussitôt. C'est fou ce qu'elle est belle. Je ne l'avais jamais connu aussi belle. J'appréhendais un petit peu ce moment, j'avais tord. Je craignais de m'entendre dire les banalités d'usage, ce n'était pas fondé. Tout de suite les grands sujets et les basculements existentiels, les mots durs et les mots doux. Comme promis dès mes premiers pas dans le hall, elle court ouvrir la bouteille de Veuve-Clicquot qu'elle avait gardé pour moi. On se dévore des yeux comme deux anciens amants qui viendraient de se retrouver après s'être perdus de vue trente ans durant. Elle rit, elle sourit. C'était rarement le cas le mois dernier encore. L'air helvète et sa rupture avec Mademoiselle C lui a fait un bien fou. Ses joues sont moins creuses, roses désormais. Son teint n'est plus si blanc et ses traits sont moins tirés. Je réalise qu'elle tient fichtrement à moi. Il y a peu, ce genre de situations m'aurait certainement terriblement refroidi et poussé à prendre mes distances. Là, je suis confiant. J'ai envie de compter pour les gens que j'aime, ai envie de me montrer digne et de savoir protéger mon entourage. On parle des amourettes de nos vingt ans avec un recul à donner le vertige, à faire complexer des générations et des générations de vieillards. Elle propose d'aller s'asseoir dans sa cour, il fait beau et froid.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Elle m'ouvre la porte avant même que je sois arrivé devant. Je suis supposé être à l'école, mais sa proposition de nous voir si vite après son retour, en tout premier, m'a séduit. Son sourire m'illumine et mon humeur morose de ces dernières heures s'envole aussitôt. C'est fou ce qu'elle est belle. Je ne l'avais jamais connu aussi belle. J'appréhendais un petit peu ce moment, j'avais tord. Je craignais de m'entendre dire les banalités d'usage, ce n'était pas fondé. Tout de suite les grands sujets et les basculements existentiels, les mots durs et les mots doux. Comme promis dès mes premiers pas dans le hall, elle court ouvrir la bouteille de Veuve-Clicquot qu'elle avait gardé pour moi. On se dévore des yeux comme deux anciens amants qui viendraient de se retrouver après s'être perdus de vue trente ans durant. Elle rit, elle sourit. C'était rarement le cas le mois dernier encore. L'air helvète et sa rupture avec Mademoiselle C lui a fait un bien fou. Ses joues sont moins creuses, roses désormais. Son teint n'est plus si blanc et ses traits sont moins tirés. Je réalise qu'elle tient fichtrement à moi. Il y a peu, ce genre de situations m'aurait certainement terriblement refroidi et poussé à prendre mes distances. Là, je suis confiant. J'ai envie de compter pour les gens que j'aime, ai envie de me montrer digne et de savoir protéger mon entourage. On parle des amourettes de nos vingt ans avec un recul à donner le vertige, à faire complexer des générations et des générations de vieillards. Elle propose d'aller s'asseoir dans sa cour, il fait beau et froid.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20081007155919/7boulevard-de-la-tour-maubourg/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-10-07T15:59:19+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080907201446/11rue-de-lyon/"><title>11Rue de Lyon</title><description>Corps contre peau et envies d'être vu. Des petites rues de derrière les Champs-Elysées aux jolis appartements de Saint-Germain. Des chambres de service excentrées aux collocations d'étudiants au cœur de Paris. Anne-Cécile me dit que je visite la capitale à l'horizontale. C'est faux. Mais je visite, oui. Les creux, sur les épaules. Il y en a des beaux, des moches, des apparents, des invisibles. Mais pas celui que je veux. Cendrillon a eu sa pantoufle, moi je veux mon creux. Après pas loin de deux semaines de visites-témoins intensives de creux parisiens, ce soir je revois Frédéric. Un dîner improvisé au Comptoir du Sept et une jolie errance jusqu'à l'Assemblée Nationale. C'est étrange, cet attachement que j'ai sincèrement eu pour lui, un temps. J'aime bien son creux, et aurai aimé l'avoir une dernière fois, il y a peu. Il semble s'être persuadé que je vis mal la situation, mais c'est faux. Je la vis exceptionnellement bien. Je pars à l'aventure chaque soir, l'impression de mener une double-vie sortie de l'imagination scabreuse d'un écrivain torturé. Je me fais violence. Jeu de rôle, jeu de piste, je change de prénom tous les soirs. Surprenant revirement, après tous ces mois à minauder. Plus exceptionnel encore, je me sens d'un optimisme qui me dépasse. Qui me fout la frousse aussi. Les aurevoirs sont rapides, je retrouve des camarades de classe chez l'une d'entre elles. La porte est ouverte, soirée filles. Le colocataire est absent, ce qui nous laisse champs-libre. Musique forte sans danser. Vodka, redbull, cigarettes, herbe et champagne pour commencer. Je ne mâche pas mes mots, est lucide à en faire dessaouler une Virginie Despentes. On parle on parle. W est très bien maquillée, longs cheveux décoiffés, jolie robe très courte et collants pour le moins suggestifs. Affalée en arrière, sur le grand lit. L'allure d'une catin russe. L'impression d'être très jeune, à les écouter. Présentateurs Tv, étudiants de l'école, fils de, petits fils de, frères de, pères d'amies, frères d'amies... elles font la liste des creux récemment visités. L'heure tourne et je bois, parle moins, relativise le magistral de mes escapades nocturnes. Les conversations dérapent quand je comprends que W couche avec le directeur de l'école. Ce qui me donne le vertige. Surtout quand on connait les mauvais rapports qu'ils ont, tous les deux. Bonnes notes, bonnes notes. Je tombe de haut. Tout comme lorsque j'ai appris que Rudy et Aurélie couchaient parfois. Marie et Thibault. Charlotte et Stanislas. Et bien d'autres. Les cours de récréation et autres chambres d'enfants sont touchées par un mal étrange. C'est toujours si évident que je suis systématiquement le seul à ne pas m'en douter. Mais le creux du directeur, ce n'est pas un creux qui se visite. Je suis à la fois admiratif et définitivement secoué. C'est bien la première fois que la morale s'impose aussi naturellement à moi. Je vais devoir penser à me calmer un peu, je crois. Ce n'est pas de ça dont je veux, pour moi.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Corps contre peau et envies d'être vu. Des petites rues de derrière les Champs-Elysées aux jolis appartements de Saint-Germain. Des chambres de service excentrées aux collocations d'étudiants au cœur de Paris. Anne-Cécile me dit que je visite la capitale à l'horizontale. C'est faux. Mais je visite, oui. Les creux, sur les épaules. Il y en a des beaux, des moches, des apparents, des invisibles. Mais pas celui que je veux. Cendrillon a eu sa pantoufle, moi je veux mon creux. Après pas loin de deux semaines de visites-témoins intensives de creux parisiens, ce soir je revois Frédéric. Un dîner improvisé au Comptoir du Sept et une jolie errance jusqu'à l'Assemblée Nationale. C'est étrange, cet attachement que j'ai sincèrement eu pour lui, un temps. J'aime bien son creux, et aurai aimé l'avoir une dernière fois, il y a peu. Il semble s'être persuadé que je vis mal la situation, mais c'est faux. Je la vis exceptionnellement bien. Je pars à l'aventure chaque soir, l'impression de mener une double-vie sortie de l'imagination scabreuse d'un écrivain torturé. Je me fais violence. Jeu de rôle, jeu de piste, je change de prénom tous les soirs. Surprenant revirement, après tous ces mois à minauder. Plus exceptionnel encore, je me sens d'un optimisme qui me dépasse. Qui me fout la frousse aussi. Les aurevoirs sont rapides, je retrouve des camarades de classe chez l'une d'entre elles. La porte est ouverte, soirée filles. Le colocataire est absent, ce qui nous laisse champs-libre. Musique forte sans danser. Vodka, redbull, cigarettes, herbe et champagne pour commencer. Je ne mâche pas mes mots, est lucide à en faire dessaouler une Virginie Despentes. On parle on parle. W est très bien maquillée, longs cheveux décoiffés, jolie robe très courte et collants pour le moins suggestifs. Affalée en arrière, sur le grand lit. L'allure d'une catin russe. L'impression d'être très jeune, à les écouter. Présentateurs Tv, étudiants de l'école, fils de, petits fils de, frères de, pères d'amies, frères d'amies... elles font la liste des creux récemment visités. L'heure tourne et je bois, parle moins, relativise le magistral de mes escapades nocturnes. Les conversations dérapent quand je comprends que W couche avec le directeur de l'école. Ce qui me donne le vertige. Surtout quand on connait les mauvais rapports qu'ils ont, tous les deux. Bonnes notes, bonnes notes. Je tombe de haut. Tout comme lorsque j'ai appris que Rudy et Aurélie couchaient parfois. Marie et Thibault. Charlotte et Stanislas. Et bien d'autres. Les cours de récréation et autres chambres d'enfants sont touchées par un mal étrange. C'est toujours si évident que je suis systématiquement le seul à ne pas m'en douter. Mais le creux du directeur, ce n'est pas un creux qui se visite. Je suis à la fois admiratif et définitivement secoué. C'est bien la première fois que la morale s'impose aussi naturellement à moi. Je vais devoir penser à me calmer un peu, je crois. Ce n'est pas de ça dont je veux, pour moi.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080907201446/11rue-de-lyon/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-09-07T20:14:46+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080824112920/16rue-de-passy/"><title>16Rue de Passy</title><description>Pluie de jour sur cheveux mouillés, nez rouge et rasage de loin sur un air d'Andersen. C'est le fantôme de la rue de Passy. Mocassins, velours côtelés, pieds usés, col en V et grosse écharpe sous capuche. La silhouette déstructurée avance et balance, lance et danse. Nage, flotte. Tangue. Peut-être l'avez vous déjà croisée, un dimanche matin, devant un buraliste ou le McDonald's de la petite place. Dans ma tête, il y a un tube dans mon ventre. Crash Satellite. Toutes vanités dans les flaques d'eau, regards en biais sur les jolis roseaux d'à côté. Polypes de malheur qui m'accrochent, dessous de pieds sur les épées d'en haut la surface. Envies de mutisme sans spectacle, de blanc et de noir sans nuance, d'air et d'eau sans attrape-l'œil. D'infini sans horizon. Ecumes des rêveries, je veux m'y préparer sans pour autant savoir m'y prendre. Madame la vieille sorcière, c'est bête de ma part, tout ça je sais déjà, mais donnez moi à boire vase qui me déniaiserait. Un peu.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Pluie de jour sur cheveux mouillés, nez rouge et rasage de loin sur un air d'Andersen. C'est le fantôme de la rue de Passy. Mocassins, velours côtelés, pieds usés, col en V et grosse écharpe sous capuche. La silhouette déstructurée avance et balance, lance et danse. Nage, flotte. Tangue. Peut-être l'avez vous déjà croisée, un dimanche matin, devant un buraliste ou le McDonald's de la petite place. Dans ma tête, il y a un tube dans mon ventre. Crash Satellite. Toutes vanités dans les flaques d'eau, regards en biais sur les jolis roseaux d'à côté. Polypes de malheur qui m'accrochent, dessous de pieds sur les épées d'en haut la surface. Envies de mutisme sans spectacle, de blanc et de noir sans nuance, d'air et d'eau sans attrape-l'œil. D'infini sans horizon. Ecumes des rêveries, je veux m'y préparer sans pour autant savoir m'y prendre. Madame la vieille sorcière, c'est bête de ma part, tout ça je sais déjà, mais donnez moi à boire vase qui me déniaiserait. Un peu.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080824112920/16rue-de-passy/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-08-24T11:29:20+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080819203402/9rue-lafayette/"><title>9Rue Lafayette</title><description>Tourne tourne tourne en rond. Lentes secondes et air pesant. Subite envie de revoir Jean après plus d'un an. C'est le même point de Rendez-vous qu'autrefois, mais le cadre a changé. Les immeubles sont plus blancs et le vélib' a envahi le paysage. Se souvenir de tout, et avoir pourtant l'impression de ne pas s'être vus depuis une dizaine d'années. De ces rencontres d'après-temps parfaitement télégéniques. Je lui parle beaucoup de moi. Mes jolis et moins jolis jours, les quelques garçons, tout y passe. J'ai perdu de l'enfance, ce qui en attire certains, en éloigne d'autres. Il va moins mal et le faire sourire est tâche moins difficile que par le passé. Ses paupières clignent toujours, quand on le regarde droit dans ses blancs. Il m'emmène dans une brasserie, commande une bouteille de champagne en terrasse. Il fait déjà nuit. Le serveur titube, a la gueule d'un Gainsbourg, fixe étrangement des yeux et répond toujours présent. Je me sens fichtrement bien, et les bulles me tournent la tête. Paris ne me déteste plus tant, je crois. Ou bien, il déteste tout le monde autant. Il pleut très légèrement. Affamé, je mange mon croque-madame comme si c'était là mon dernier repas. Les couples de touristes défilent devant notre table, bras sur l'épaule. Qu'importe ce qu'il adviendra, je veux trouver ça, moi aussi. Je ne m'y prends pas forcément bien, mais reste étrangement très confiant. Le chauffeur de taxi est silencieux et la route est déserte. Saoul aux bulles, valse ma raison, Paris n'a pas fini de me faire tourner tourner tourner en rond. Et de me rattraper juste à temps.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Tourne tourne tourne en rond. Lentes secondes et air pesant. Subite envie de revoir Jean après plus d'un an. C'est le même point de Rendez-vous qu'autrefois, mais le cadre a changé. Les immeubles sont plus blancs et le vélib' a envahi le paysage. Se souvenir de tout, et avoir pourtant l'impression de ne pas s'être vus depuis une dizaine d'années. De ces rencontres d'après-temps parfaitement télégéniques. Je lui parle beaucoup de moi. Mes jolis et moins jolis jours, les quelques garçons, tout y passe. J'ai perdu de l'enfance, ce qui en attire certains, en éloigne d'autres. Il va moins mal et le faire sourire est tâche moins difficile que par le passé. Ses paupières clignent toujours, quand on le regarde droit dans ses blancs. Il m'emmène dans une brasserie, commande une bouteille de champagne en terrasse. Il fait déjà nuit. Le serveur titube, a la gueule d'un Gainsbourg, fixe étrangement des yeux et répond toujours présent. Je me sens fichtrement bien, et les bulles me tournent la tête. Paris ne me déteste plus tant, je crois. Ou bien, il déteste tout le monde autant. Il pleut très légèrement. Affamé, je mange mon croque-madame comme si c'était là mon dernier repas. Les couples de touristes défilent devant notre table, bras sur l'épaule. Qu'importe ce qu'il adviendra, je veux trouver ça, moi aussi. Je ne m'y prends pas forcément bien, mais reste étrangement très confiant. Le chauffeur de taxi est silencieux et la route est déserte. Saoul aux bulles, valse ma raison, Paris n'a pas fini de me faire tourner tourner tourner en rond. Et de me rattraper juste à temps.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080819203402/9rue-lafayette/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-08-19T20:34:02+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080814121658/16rue-de-l-annonciation/"><title>16Rue de l'Annonciation</title><description>Me réveiller bien malgré tout. Renifler de temps en temps mais rien de grave: un café fera l'affaire. Le soleil passe aux travers des stores, tout est calme. On dirait un lendemain de guerre, où l'on s'apercevrait que tout affrontement a été vain.  Allumer la télévision, sourire devant les dessins animés. Une bataille épique, un empire assiégé, tout ça sur mon petit écran. Et puis, retourner sur l'ordinateur. Lire mes courriers comme si de rien était. &quot;Non non non&quot;, &quot;Adieu adieu adieu&quot;. Je fume fume fume, ne réagis pas pas pas. Ne comprends pas non plus. Chute de l'idéal, mégalomanie des instants. Je ne me sens pas très bien, parce que je lui ai tout dit dans ces quelques mots, et qu'il ne s'est même pas donné la peine de m'écrire ne serait-ce que deux ou trois lignes. Je ne me sens pas très bien, parce qu'il m'a vu plus bas que tous les autres garçons, que je l'ai vu plus bas que beaucoup d'autres garçons, et qu'il m'écrivait des messages deux cent fois plus longs du temps où il ne m'avait pas encore eu. Dans ce sous-terrain d'internet, je constate qu'il m'a bloqué partout. Je supprime son nom de ma fenêtre messenger, puisque je veux bien croire que je ne l'y verrai plus connecté. Je passe pour quelqu'un qui voudrait de lui à tous prix. Ce n'est pas le cas. Je passe pour quelqu'un qui serait prêt à l'épier. Ce n'est pas le cas. Je passe pour quelqu'un qui lui veut du mal et que sais-je encore. Ce n'est pas le cas non plus. Je me sens accusé et jugé en même temps. Tout ça en quarante-huit heures. Par ce simple &quot;block people&quot;, il me met en situation du garçon qui ferait le siège sur son paillasson, ce qui ne sera jamais le cas. Quand bien même j'en aurais eu envie, j'aurais pu l'appeler, lui envoyer une lettre, un e-mail, ce qui ajoute au ridicule de la situation. Il m'empêche désormais de rentrer en contact avec lui sur la bulle Facebook, quand il serait en même temps si simple de le faire autrement. Décrépitude des impressions, avatars de pensées. Je ne suis pas en colère, je ne suis pas triste. Déstabilisé et désorienté au possible, mais rien de plus. Il croit que je suis fou? Oui, il croit que je suis fou. Qu'il ne veuille plus entendre parler de moi passe encore, mais qu'il garde de moi le souvenir d'un psychopathe m'agace. Le dessin-animé est terminé, l'empire cède, la suite sera pour le prochain épisode. Ma courte histoire est terminée aussi, l'empire ne cèdera pas, et il n'y aura désormais rien à suivre. Je jette le T-shirt qu'il m'avait prêté un jour, je ne pourrai plus lui rendre. Le téléphone sonne sans cesse; Un tas de gens de tous les bords qui veulent prendre de mes nouvelles. J'ai fait la bêtise, et continue en écrivant ici, de dire à tout l'univers &quot;je me sens bien avec ce garçon&quot;, puis &quot;c'est terminé avec ce garçon&quot;. C'est pénible d'avoir à expliquer pourquoi je rate toujours tout à tous ces curieux, même si ça ne part certainement pas d'un mauvais sentiment. J'ai été là pour Laure, qui se sent obligée d'être là pour moi. Je ne vais pas si mal, mais ne lui en ai rien dit, dans la mesure où son programme &quot;consolation&quot; de la journée qu'elle avait autrefois réservé pour son compagnon d'alors me convient tout à fait: Séance de massage, restaurant sur les toits, salon de beauté (je précise quand même que ce sera la première fois), boutiques en tous genres, lézards en terrasse, puis se faire beaux pour faire n'importe quoi de notre soirée. La vie n'est donc pas si cruelle.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Me réveiller bien malgré tout. Renifler de temps en temps mais rien de grave: un café fera l'affaire. Le soleil passe aux travers des stores, tout est calme. On dirait un lendemain de guerre, où l'on s'apercevrait que tout affrontement a été vain.  Allumer la télévision, sourire devant les dessins animés. Une bataille épique, un empire assiégé, tout ça sur mon petit écran. Et puis, retourner sur l'ordinateur. Lire mes courriers comme si de rien était. "Non non non", "Adieu adieu adieu". Je fume fume fume, ne réagis pas pas pas. Ne comprends pas non plus. Chute de l'idéal, mégalomanie des instants. Je ne me sens pas très bien, parce que je lui ai tout dit dans ces quelques mots, et qu'il ne s'est même pas donné la peine de m'écrire ne serait-ce que deux ou trois lignes. Je ne me sens pas très bien, parce qu'il m'a vu plus bas que tous les autres garçons, que je l'ai vu plus bas que beaucoup d'autres garçons, et qu'il m'écrivait des messages deux cent fois plus longs du temps où il ne m'avait pas encore eu. Dans ce sous-terrain d'internet, je constate qu'il m'a bloqué partout. Je supprime son nom de ma fenêtre messenger, puisque je veux bien croire que je ne l'y verrai plus connecté. Je passe pour quelqu'un qui voudrait de lui à tous prix. Ce n'est pas le cas. Je passe pour quelqu'un qui serait prêt à l'épier. Ce n'est pas le cas. Je passe pour quelqu'un qui lui veut du mal et que sais-je encore. Ce n'est pas le cas non plus. Je me sens accusé et jugé en même temps. Tout ça en quarante-huit heures. Par ce simple "block people", il me met en situation du garçon qui ferait le siège sur son paillasson, ce qui ne sera jamais le cas. Quand bien même j'en aurais eu envie, j'aurais pu l'appeler, lui envoyer une lettre, un e-mail, ce qui ajoute au ridicule de la situation. Il m'empêche désormais de rentrer en contact avec lui sur la bulle Facebook, quand il serait en même temps si simple de le faire autrement. Décrépitude des impressions, avatars de pensées. Je ne suis pas en colère, je ne suis pas triste. Déstabilisé et désorienté au possible, mais rien de plus. Il croit que je suis fou? Oui, il croit que je suis fou. Qu'il ne veuille plus entendre parler de moi passe encore, mais qu'il garde de moi le souvenir d'un psychopathe m'agace. Le dessin-animé est terminé, l'empire cède, la suite sera pour le prochain épisode. Ma courte histoire est terminée aussi, l'empire ne cèdera pas, et il n'y aura désormais rien à suivre. Je jette le T-shirt qu'il m'avait prêté un jour, je ne pourrai plus lui rendre. Le téléphone sonne sans cesse; Un tas de gens de tous les bords qui veulent prendre de mes nouvelles. J'ai fait la bêtise, et continue en écrivant ici, de dire à tout l'univers "je me sens bien avec ce garçon", puis "c'est terminé avec ce garçon". C'est pénible d'avoir à expliquer pourquoi je rate toujours tout à tous ces curieux, même si ça ne part certainement pas d'un mauvais sentiment. J'ai été là pour Laure, qui se sent obligée d'être là pour moi. Je ne vais pas si mal, mais ne lui en ai rien dit, dans la mesure où son programme "consolation" de la journée qu'elle avait autrefois réservé pour son compagnon d'alors me convient tout à fait: Séance de massage, restaurant sur les toits, salon de beauté (je précise quand même que ce sera la première fois), boutiques en tous genres, lézards en terrasse, puis se faire beaux pour faire n'importe quoi de notre soirée. La vie n'est donc pas si cruelle.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080814121658/16rue-de-l-annonciation/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-08-14T12:16:58+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080811195104/4rue-saint-louis-en-ile/"><title>4Rue Saint-Louis en Ile</title><description>Je n'ai pas vraiment d'amis pédés. En fait, voir des bandes d'amis tous homos défiler dans les rues du Marais me fait penser à ces micro-gangs de blondes, de banlieusards, de juifs, toujours ensembles par défaut. Pourtant, parfois, je crois que j'aimerais pouvoir partager des impressions que d'autres ne sont pas toujours en mesure de comprendre. Et ce simili mépris un peu réducteur me gêne parfois. Je dois compter au grand maximum un ou deux homos, dans mon entourage de tous les jours. Alors, j'ai essayé de m'y mettre. Mais les désirs d'un soir et les rivalités d'autres n'ont pour le moment rien donné de très probant. Ce soir-là, je voulais sortir avec des comme moi. J'ai donc appelé Thibault que je connais peu, et qui a répondu présent. Organisateur de soirées, ici et plus à l'Ouest dans Paris, il connait tout et tout le monde. Il a décidé de m'emmener dans un tout petit club où la musique ne laisse aucun doute sur la cible du lieu. Quelques mains dérapent, mais le fond reste bon enfant. Il m'a fallu quatre vodka glacées pour que j'accepte enfin d'être traîné sur la piste de danse. Le serveur m'offre la dernière, juste parce qu'il aime mon pull. Thibault louche sur un garçon très beau, qui le regarde à peine. Le visage parfaitement dessiné, les cheveux naturellement très blonds et légèrement bouclés, le menton droit, un pull trop large au col sans forme qui laisse apparaître jusqu'à ses clavicules et le début de ses épaules aux muscles apparents. Il a cette grâce très masculine d'un Rudolf Noureev. Il me sourit, Thibault le prend mal et m'embrasse à pleine bouche, veillant à être vu du garçon. S'excusant ensuite, il me dit entre deux rires que c'est mal, de &quot;concurrencer ses copines&quot;. Je ne garde pas souvent de bons souvenirs de mes sorties dans le marais, conservant en mémoire une pléiade d'hommes lourds et alcoolisés. Cette fois-ci je m'amuse vraiment, bois trop, échange quelques mots avec des inconnus, danse avec d'autres, et me dirige de temps en temps vers Thibault qui est en plein crêpage de chignon avec un de ses (très) nombreux ex. Ils sont drôles, et me voir rire les détend un peu, tous les deux. Puis, la boîte ferme et nous allons récupérer nos affaires. Le serveur vient me glisser un mot à l'oreille, que je ne comprends pas. Dehors, Thibault repart avec son amant d'un autre temps et me propose de me joindre à eux. J'invente une excuse bidon, et leur laisse le premier taxi. Je ne veux pas rentrer chez moi pour autant. Je marche quelques secondes, pas tout à fait droit, cigarette au bec. J'entends quelqu'un appeler, derrière. C'est le blond de tout à l'heure. Il bafouille quelques mots, je ne comprends pas grand chose. Il a un accent de l'Est, ce qui n'arrange rien. Il me propose de venir chez lui. J'hésite, puis acquiesce, à condition qu'il ne se passe rien. Il se tait quelques instants, puis sourit. Levant le bras pour un taxi, il me fait signe de le baisser, disant que c'est à trois minutes à pieds. Je ne marche pas droit, manque de tomber à plusieurs reprises. Il me propose son coude. Il parle un peu, me dit que lui ne boit jamais, et que ça a ses avantages. Je veux bien le croire, à cet instant précis. Nous arrivons sur l'ile Saint-Louis et ses rues toutes perpendiculaires. Il lui faut trois clés différentes pour entrer dans son immeuble. La cage d'escaliers est étroite, je capitule au quatrième étage, ne sentant plus mes genoux. Amusé, il me porte à bouts de bras pour le dernier étage. Son appartement est un minuscule deux pièces sous les toits. Je m'y sens tout de suite bien, le plafond est haut et les poutres gigantesques. Le tout est dans un bazar sans nom, mais étrangement, ça reste très propre. Le premier bazar ordonné qui m'est donné de voir. Il y a un piano. Même droit, une maison n'est une vraie maison que s'il y en a un. Je vais à la fenêtre. Les immeubles d'en face sont légèrement plus bas, ce qui laisse dégagée une vue incroyable sur la rive gauche. Le garçon me sert un grand verre d'eau, et m'invite à m'asseoir sur son canapé. Je pose beaucoup de questions. Il s'appelle Nicolaï, d'un père russe et d'une mère lettone. Il vient d'arriver sur Paris, mais étudie le français depuis la petite école, et parle six langues en tout. Il commence Science Po à la rentrée, en plus de la danse au CNSM et son job de barman dans le marais. Je ne comprends pas tout, mais il sourit beaucoup et rit parfois. Il a un débit de mots impressionnant, semble vouloir tout me raconter le plus rapidement possible, comme s'il y avait une heure limite. Il a les yeux très sombres, qui contrastent avec ses cils très clairs. Quand j'essaie de parler, il ne sort de ma bouche que des grognements inaudibles. Il me parle de ses jeunes années, pas très roses. Je comprends mieux sa position vis-à-vis de l'alcool. L'impression que ce Nicolaï sort tout droit d'un roman à dix mille pages. Il utilise des mots qui n'existent plus. Je ne sais plus trop pour quelle raison, il sort un violon de sous une pile de vêtements. Il joue. Fichtrement bien. J'essaie de l'accompagner au piano, mais n'y parviens pas. Il rit encore, ce qui me fait du bien. Le soleil se lève, je décuve et ce n'est pas si désagréable. Affalé sur son canapé, il passe son bras autour de mon cou et me tend son épaule. Mais il n'a rien là-dedans qui me fait penser à une quelconque tentative de séduction. Je roule un joint dont il ne veut pas, et m'endors une sensation de surréalisme en tête. Sans rêve. Le lendemain il n'est plus là. M'avançant vers la porte, je tombe sur un post-it &quot;claque la porte&quot; suivi d'un numéro de téléphone. Parterre, un dessin de moi en train de dormir. Pour avoir déjà été maintes fois photographié dans cette situation, je suis bien plus beau sur papier. Je veux compter ce jeune homme parmi mes amis, je crois.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Je n'ai pas vraiment d'amis pédés. En fait, voir des bandes d'amis tous homos défiler dans les rues du Marais me fait penser à ces micro-gangs de blondes, de banlieusards, de juifs, toujours ensembles par défaut. Pourtant, parfois, je crois que j'aimerais pouvoir partager des impressions que d'autres ne sont pas toujours en mesure de comprendre. Et ce simili mépris un peu réducteur me gêne parfois. Je dois compter au grand maximum un ou deux homos, dans mon entourage de tous les jours. Alors, j'ai essayé de m'y mettre. Mais les désirs d'un soir et les rivalités d'autres n'ont pour le moment rien donné de très probant. Ce soir-là, je voulais sortir avec des comme moi. J'ai donc appelé Thibault que je connais peu, et qui a répondu présent. Organisateur de soirées, ici et plus à l'Ouest dans Paris, il connait tout et tout le monde. Il a décidé de m'emmener dans un tout petit club où la musique ne laisse aucun doute sur la cible du lieu. Quelques mains dérapent, mais le fond reste bon enfant. Il m'a fallu quatre vodka glacées pour que j'accepte enfin d'être traîné sur la piste de danse. Le serveur m'offre la dernière, juste parce qu'il aime mon pull. Thibault louche sur un garçon très beau, qui le regarde à peine. Le visage parfaitement dessiné, les cheveux naturellement très blonds et légèrement bouclés, le menton droit, un pull trop large au col sans forme qui laisse apparaître jusqu'à ses clavicules et le début de ses épaules aux muscles apparents. Il a cette grâce très masculine d'un Rudolf Noureev. Il me sourit, Thibault le prend mal et m'embrasse à pleine bouche, veillant à être vu du garçon. S'excusant ensuite, il me dit entre deux rires que c'est mal, de "concurrencer ses copines". Je ne garde pas souvent de bons souvenirs de mes sorties dans le marais, conservant en mémoire une pléiade d'hommes lourds et alcoolisés. Cette fois-ci je m'amuse vraiment, bois trop, échange quelques mots avec des inconnus, danse avec d'autres, et me dirige de temps en temps vers Thibault qui est en plein crêpage de chignon avec un de ses (très) nombreux ex. Ils sont drôles, et me voir rire les détend un peu, tous les deux. Puis, la boîte ferme et nous allons récupérer nos affaires. Le serveur vient me glisser un mot à l'oreille, que je ne comprends pas. Dehors, Thibault repart avec son amant d'un autre temps et me propose de me joindre à eux. J'invente une excuse bidon, et leur laisse le premier taxi. Je ne veux pas rentrer chez moi pour autant. Je marche quelques secondes, pas tout à fait droit, cigarette au bec. J'entends quelqu'un appeler, derrière. C'est le blond de tout à l'heure. Il bafouille quelques mots, je ne comprends pas grand chose. Il a un accent de l'Est, ce qui n'arrange rien. Il me propose de venir chez lui. J'hésite, puis acquiesce, à condition qu'il ne se passe rien. Il se tait quelques instants, puis sourit. Levant le bras pour un taxi, il me fait signe de le baisser, disant que c'est à trois minutes à pieds. Je ne marche pas droit, manque de tomber à plusieurs reprises. Il me propose son coude. Il parle un peu, me dit que lui ne boit jamais, et que ça a ses avantages. Je veux bien le croire, à cet instant précis. Nous arrivons sur l'ile Saint-Louis et ses rues toutes perpendiculaires. Il lui faut trois clés différentes pour entrer dans son immeuble. La cage d'escaliers est étroite, je capitule au quatrième étage, ne sentant plus mes genoux. Amusé, il me porte à bouts de bras pour le dernier étage. Son appartement est un minuscule deux pièces sous les toits. Je m'y sens tout de suite bien, le plafond est haut et les poutres gigantesques. Le tout est dans un bazar sans nom, mais étrangement, ça reste très propre. Le premier bazar ordonné qui m'est donné de voir. Il y a un piano. Même droit, une maison n'est une vraie maison que s'il y en a un. Je vais à la fenêtre. Les immeubles d'en face sont légèrement plus bas, ce qui laisse dégagée une vue incroyable sur la rive gauche. Le garçon me sert un grand verre d'eau, et m'invite à m'asseoir sur son canapé. Je pose beaucoup de questions. Il s'appelle Nicolaï, d'un père russe et d'une mère lettone. Il vient d'arriver sur Paris, mais étudie le français depuis la petite école, et parle six langues en tout. Il commence Science Po à la rentrée, en plus de la danse au CNSM et son job de barman dans le marais. Je ne comprends pas tout, mais il sourit beaucoup et rit parfois. Il a un débit de mots impressionnant, semble vouloir tout me raconter le plus rapidement possible, comme s'il y avait une heure limite. Il a les yeux très sombres, qui contrastent avec ses cils très clairs. Quand j'essaie de parler, il ne sort de ma bouche que des grognements inaudibles. Il me parle de ses jeunes années, pas très roses. Je comprends mieux sa position vis-à-vis de l'alcool. L'impression que ce Nicolaï sort tout droit d'un roman à dix mille pages. Il utilise des mots qui n'existent plus. Je ne sais plus trop pour quelle raison, il sort un violon de sous une pile de vêtements. Il joue. Fichtrement bien. J'essaie de l'accompagner au piano, mais n'y parviens pas. Il rit encore, ce qui me fait du bien. Le soleil se lève, je décuve et ce n'est pas si désagréable. Affalé sur son canapé, il passe son bras autour de mon cou et me tend son épaule. Mais il n'a rien là-dedans qui me fait penser à une quelconque tentative de séduction. Je roule un joint dont il ne veut pas, et m'endors une sensation de surréalisme en tête. Sans rêve. Le lendemain il n'est plus là. M'avançant vers la porte, je tombe sur un post-it "claque la porte" suivi d'un numéro de téléphone. Parterre, un dessin de moi en train de dormir. Pour avoir déjà été maintes fois photographié dans cette situation, je suis bien plus beau sur papier. Je veux compter ce jeune homme parmi mes amis, je crois.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080811195104/4rue-saint-louis-en-ile/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-08-11T19:51:04+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080715172724/8parc-monceau/"><title>8Parc Monceau</title><description>Je voulais déjà y aller hier. Alors j'y suis allé aujourd'hui, seul et sans téléphone. Les quelques notes de la boîte à musique résonnent en boucle dans mon crâne et sous ma peau. Je deviens un peu taré, je crois. Besoin de réfléchir au moins un peu... Mon quotidien actuel ressemble à une série B bas-de-gamme où tous les mots sont convenus, l'un venant en chasser l'autre. La suite ne surprendra plus personne. J'ai décidé de prendre quelques distances avec certains amis, nos rapports ne sont plus très sains je crois. Et puis, j'étouffe. J'étouffe, et j'étouffe mon entourage également avec mes éternels manques et mes histoires sans fin. Je n'ai pas envie de jouer au garçon amoureux. D'ailleurs, je ne suis pas amoureux. Même si je me sentais bien... je sais que le nuage redescend déjà. Si ce ne sont pas les tous prochains jours, je ne doute pas que les kilomètres à venir auront raison de tout. Je n'ai pas envie de sortir, je n'ai pas envie de rester chez moi non plus. Ma vie de ces derniers mois a tout d'un roman de gare invendu. J'en ai marre d'être un pédé. Deux garçons, c'est pas beau sur une photo. Ce matin, le médecin m'a prescrit du Lexomil. Mais tout ce dont j'ai besoin, c'est de quitter Paris un peu.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Je voulais déjà y aller hier. Alors j'y suis allé aujourd'hui, seul et sans téléphone. Les quelques notes de la boîte à musique résonnent en boucle dans mon crâne et sous ma peau. Je deviens un peu taré, je crois. Besoin de réfléchir au moins un peu... Mon quotidien actuel ressemble à une série B bas-de-gamme où tous les mots sont convenus, l'un venant en chasser l'autre. La suite ne surprendra plus personne. J'ai décidé de prendre quelques distances avec certains amis, nos rapports ne sont plus très sains je crois. Et puis, j'étouffe. J'étouffe, et j'étouffe mon entourage également avec mes éternels manques et mes histoires sans fin. Je n'ai pas envie de jouer au garçon amoureux. D'ailleurs, je ne suis pas amoureux. Même si je me sentais bien... je sais que le nuage redescend déjà. Si ce ne sont pas les tous prochains jours, je ne doute pas que les kilomètres à venir auront raison de tout. Je n'ai pas envie de sortir, je n'ai pas envie de rester chez moi non plus. Ma vie de ces derniers mois a tout d'un roman de gare invendu. J'en ai marre d'être un pédé. Deux garçons, c'est pas beau sur une photo. Ce matin, le médecin m'a prescrit du Lexomil. Mais tout ce dont j'ai besoin, c'est de quitter Paris un peu.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080715172724/8parc-monceau/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-07-15T17:27:24+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080710225743/6rue-de-rennes/"><title>6Rue de Rennes</title><description>Besoin de ranger, nettoyer, frotter. Trier. Que tout soit à sa place, même s'il faut parfois en créer de nouvelles. Le chaud partout, la climatisation ronronne et balaie la pièce. Je somnole, les idées vagues et la tête apaisée. Navigant dans des bribes de souvenirs, je pense, nettoie, frotte. Trie.
Avril 2007. Anne-Cécile m'entraîne partout, s'amuse à me dévergonder un peu. Je crois que je suis son nouveau jouet à la mode. Ce soir, elle veut me présenter à un certain Guillaume, qui organise un after. J'attends silencieux assis sur son lit, sérieusement éméché, scrutant le noir derrière la fenêtre. Elle revient vers moi toutes les trois minutes, me prend dans ses bras, m'embrasse sur le front. Puis, elle extrait péniblement d'un placard un sac d'une grande boutique, en sort un costume. Je refuse d'abord, puis accepte de l'enfiler. Il est parfaitement coupé, exactement à ma taille. Armée d'un fer à lisser, elle s'en prend à mes cheveux et les coiffe en arrière. L'alcool aidant, je me trouve méconnaissable. Elle couvre mes imperfections avec son fond de teint, enlève les plis de ma chemise. Son œuvre terminée, il ne lui faut que trois minutes pour se préparer. Puis, ses parents recevant des gens, ils ne nous remarquent pas nous en aller. Dans sa cage d'escaliers, je m'arrête devant chaque miroir. Je suis beau. On est beaux. Dans le taxi, on fume et le chauffeur ne dit rien. En cinq minutes de route à peine, nous arrivons à destination. Je me souviens des dizaines de voitures de sport garées n'importe comment. A l'intérieur, les gens commencent à arriver. L'appartement est immense, sur plusieurs étages. Le plafond est haut, je fixe mes chaussures. Anne-Cécile semble connaitre tout le monde, moi presque personne. Elle me présente à chacun individuellement, je souris bêtement, je veux aller me coucher. N'importe où. Les gens se frôlent, quelques mains dérapent. Elle m'emmène m'asseoir sur un canapé, bouscule une jeune fille assise là où elle a décidé de se placer. A côté de moi, c'est Guillaume. Il me fixe étrangement, reste absolument silencieux. Il n'est pas vraiment beau. Anne-Cécile s'en amuse, rejette ses cheveux en arrière. Lui quitte la pièce, revient avec un plateau rempli de coke. Il trace dix traits, en prend cinq. Je cherche ma compère du regard, elle est à cheval sur un jeune homme déjà vu ailleurs. Guillaume me fixe toujours, me tend son billet roulé, ne dit rien. Je ne réagis pas, puis m'exécute. Il sourit, et retrace dix traits supplémentaires. Je le suis. Plus loin, je vois Anne-Cécile s'enfermer dans une autre pièce avec le jeune homme. Guillaume me prend par le poignet, me fait signe de l'accompagner. Sa chambre fait trois fois mon appartement. Il met un vinyle de jazz, me jette sur son lit. Je lui prends la main, déboutonne le haut de sa chemise. Il éteint la lumière et s'endort presqu'aussitôt. Parfois il se réveille et me serre fort.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Besoin de ranger, nettoyer, frotter. Trier. Que tout soit à sa place, même s'il faut parfois en créer de nouvelles. Le chaud partout, la climatisation ronronne et balaie la pièce. Je somnole, les idées vagues et la tête apaisée. Navigant dans des bribes de souvenirs, je pense, nettoie, frotte. Trie.<br />
<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img>Avril 2007. Anne-Cécile m'entraîne partout, s'amuse à me dévergonder un peu. Je crois que je suis son nouveau jouet à la mode. Ce soir, elle veut me présenter à un certain Guillaume, qui organise un after. J'attends silencieux assis sur son lit, sérieusement éméché, scrutant le noir derrière la fenêtre. Elle revient vers moi toutes les trois minutes, me prend dans ses bras, m'embrasse sur le front. Puis, elle extrait péniblement d'un placard un sac d'une grande boutique, en sort un costume. Je refuse d'abord, puis accepte de l'enfiler. Il est parfaitement coupé, exactement à ma taille. Armée d'un fer à lisser, elle s'en prend à mes cheveux et les coiffe en arrière. L'alcool aidant, je me trouve méconnaissable. Elle couvre mes imperfections avec son fond de teint, enlève les plis de ma chemise. Son œuvre terminée, il ne lui faut que trois minutes pour se préparer. Puis, ses parents recevant des gens, ils ne nous remarquent pas nous en aller. Dans sa cage d'escaliers, je m'arrête devant chaque miroir. Je suis beau. On est beaux. Dans le taxi, on fume et le chauffeur ne dit rien. En cinq minutes de route à peine, nous arrivons à destination. Je me souviens des dizaines de voitures de sport garées n'importe comment. A l'intérieur, les gens commencent à arriver. L'appartement est immense, sur plusieurs étages. Le plafond est haut, je fixe mes chaussures. Anne-Cécile semble connaitre tout le monde, moi presque personne. Elle me présente à chacun individuellement, je souris bêtement, je veux aller me coucher. N'importe où. Les gens se frôlent, quelques mains dérapent. Elle m'emmène m'asseoir sur un canapé, bouscule une jeune fille assise là où elle a décidé de se placer. A côté de moi, c'est Guillaume. Il me fixe étrangement, reste absolument silencieux. Il n'est pas vraiment beau. Anne-Cécile s'en amuse, rejette ses cheveux en arrière. Lui quitte la pièce, revient avec un plateau rempli de coke. Il trace dix traits, en prend cinq. Je cherche ma compère du regard, elle est à cheval sur un jeune homme déjà vu ailleurs. Guillaume me fixe toujours, me tend son billet roulé, ne dit rien. Je ne réagis pas, puis m'exécute. Il sourit, et retrace dix traits supplémentaires. Je le suis. Plus loin, je vois Anne-Cécile s'enfermer dans une autre pièce avec le jeune homme. Guillaume me prend par le poignet, me fait signe de l'accompagner. Sa chambre fait trois fois mon appartement. Il met un vinyle de jazz, me jette sur son lit. Je lui prends la main, déboutonne le haut de sa chemise. Il éteint la lumière et s'endort presqu'aussitôt. Parfois il se réveille et me serre fort.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080710225743/6rue-de-rennes/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-07-10T22:57:43+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080623010633/4rue-vieille-du-temple/"><title>4Rue Vieille du Temple</title><description> Au hasard des rues, je n'ai jamais su retrouver mon chemin ici. Et puis, dans la foule, c'est encore plus difficile. Bousculé par les passants, je hurle au téléphone, mon entourage a disparu. Agacé par le brouhaha, je raccroche au nez. Qu'importe, j'avance. Je regarde de travers quand on m'écrase un pied, prend un malin plaisir à marcher à contre-courant. Desinhibé, j'essaie d'accrocher quelques regards, femmes et hommes. Parfois, je réponds aux yeux insistants en souriant gravement, accélérant le pas quand on veut me rattraper. C'est bon. Plus loin, je tombe nez à nez avec un free-lance de mon agence main dans la main avec un autre jeune homme. Je prends discrètement une photo, je viens de gagner un pari. La foule s'intensifie, l'air est moins agréable, l'odeur des sueurs mêlées m'étouffe. Une jeune fille perchée sous acides m'agrippe un bras, je ne la connais pas. Je danse un peu quand même. Quand les courants de foule la font enfin lâcher prise, j'en profite pour m'éclipser en douce. Tant bien que mal à grands coups d'excuses, je tente de scinder en deux l'amas de badauds qui dans un mouvement général me jette dans les bras d'un homme. J'aurais aimé me retrouver ici dans les paroles d'Edith Piaf, mais celui qu'on me destine là est vieux, chauve, avec des mains promeneuses. M'éloignant le plus rapidement possible, je retrouve enfin mes compères.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img> Au hasard des rues, je n'ai jamais su retrouver mon chemin ici. Et puis, dans la foule, c'est encore plus difficile. Bousculé par les passants, je hurle au téléphone, mon entourage a disparu. Agacé par le brouhaha, je raccroche au nez. Qu'importe, j'avance. Je regarde de travers quand on m'écrase un pied, prend un malin plaisir à marcher à contre-courant. Desinhibé, j'essaie d'accrocher quelques regards, femmes et hommes. Parfois, je réponds aux yeux insistants en souriant gravement, accélérant le pas quand on veut me rattraper. C'est bon. Plus loin, je tombe nez à nez avec un free-lance de mon agence main dans la main avec un autre jeune homme. Je prends discrètement une photo, je viens de gagner un pari. La foule s'intensifie, l'air est moins agréable, l'odeur des sueurs mêlées m'étouffe. Une jeune fille perchée sous acides m'agrippe un bras, je ne la connais pas. Je danse un peu quand même. Quand les courants de foule la font enfin lâcher prise, j'en profite pour m'éclipser en douce. Tant bien que mal à grands coups d'excuses, je tente de scinder en deux l'amas de badauds qui dans un mouvement général me jette dans les bras d'un homme. J'aurais aimé me retrouver ici dans les paroles d'Edith Piaf, mais celui qu'on me destine là est vieux, chauve, avec des mains promeneuses. M'éloignant le plus rapidement possible, je retrouve enfin mes compères.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080623010633/4rue-vieille-du-temple/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-06-23T01:06:33+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080524003643/7rue-de-lille/"><title>7Rue de Lille</title><description> Parfois, les non-dits sacrifiés sur l'autel de la raison me hantent.  Je n'aime pas jouer à l'adulte. Je crois que ce sont eux, qui m'ont volé un peu de moi. J'aimais bien la façade en pierre de taille et le plafond gigantesque, le grand escalier brut et les rectangles sur les murs de chez son père. Mais pas ce dernier. Il me mettait toujours mal à l'aise. De bas en haut, ses yeux révulsés rougis par la suffisance roulaient de mépris à mon égard. Un midi où je m'étais retrouvé quelques minutes seul avec lui, un sourire de méchant de dessin animé s'était dessiné sur son visage. Ou bien c'était mon imagination. Quoiqu'il en soit, je n'ai jamais retrouvé dans ses traits la moindre expression de son fils. Il m'avait demandé d'où venait ma peau mat, si j'étais juif. Je lui avais répondu que non, en survolant vaguement la généalogie de feu mon père. Je riais nerveusement. Aucun bruit, si ce n'étaient les tic et les tac de la grande horloge. Je tentais vainement de laisser mon esprit s'échapper au moins un peu, qu'une absence affichée masque ma gêne certaine. Je rêvais d'une cigarette. En croisant son regard, j'avais compris qu'il savait. Et je n'avais lu dans ses yeux aucune approbation. Il m'avait alors parlé de ce qui pourrait attendre son fils, en cas d'affront. Je l'avais regardé sortir une pochette en cuir d'un gros sac, avec un chéquier dedans. Et puis, j'étais parti avant qu'il puisse saisir un stylo. C'était le dos droit et la tête haute que je m'étais engouffré dans le métro. Mais parfois, lorsque le nom de son fils s'inscrit sur mon téléphone, je ne dors pas. Qu'il sonne sans que je sache répondre.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img> Parfois, les non-dits sacrifiés sur l’autel de la raison me hantent.  Je n’aime pas jouer à l’adulte. Je crois que ce sont eux, qui m’ont volé un peu de moi. J’aimais bien la façade en pierre de taille et le plafond gigantesque, le grand escalier brut et les rectangles sur les murs de chez son père. Mais pas ce dernier. Il me mettait toujours mal à l’aise. De bas en haut, ses yeux révulsés rougis par la suffisance roulaient de mépris à mon égard. Un midi où je m’étais retrouvé quelques minutes seul avec lui, un sourire de méchant de dessin animé s’était dessiné sur son visage. Ou bien c’était mon imagination. Quoiqu’il en soit, je n’ai jamais retrouvé dans ses traits la moindre expression de son fils. Il m’avait demandé d’où venait ma peau mat, si j’étais juif. Je lui avais répondu que non, en survolant vaguement la généalogie de feu mon père. Je riais nerveusement. Aucun bruit, si ce n’étaient les tic et les tac de la grande horloge. Je tentais vainement de laisser mon esprit s’échapper au moins un peu, qu’une absence affichée masque ma gêne certaine. Je rêvais d’une cigarette. En croisant son regard, j’avais compris qu’il savait. Et je n’avais lu dans ses yeux aucune approbation. Il m’avait alors parlé de ce qui pourrait attendre son fils, en cas d’affront. Je l’avais regardé sortir une pochette en cuir d'un gros sac, avec un chéquier dedans. Et puis, j’étais parti avant qu’il puisse saisir un stylo. C’était le dos droit et la tête haute que je m’étais engouffré dans le métro. Mais parfois, lorsque le nom de son fils s’inscrit sur mon téléphone, je ne dors pas. Qu’il sonne sans que je sache répondre.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080524003643/7rue-de-lille/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-05-24T00:36:43+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.menuet.gayattitude.com/20080505203653/16rue-lyautey/"><title>16Rue Lyautey</title><description> Je ne vois que les armures, dans le salon du fond. Elles brillent un peu, malgré la rouille. Et les tableaux tout autour, un peu vieillis. Des bibelots du monde entier, des bouddhas qui ne viennent pas de Nature &amp;amp; Découvertes, des meubles anciens, de vieux fauteuils dépareillés sur lesquels sont entassés des dizaines de livres et disques. Les moulures imparfaites et les murs décrépis, le lustre n'écrase pas les visages de lumière. Cet endroit est étrange, et je m'y plais bien. Alors j'aime venir passer mes soirée ici, et puis c'est à trois rues. Je l'écoute un peu parler, mais mon attention s'enfuit de temps à autres. Fumant sans envie, je m'étrangle, hypnotisé par les volutes de fumée qui s'envolent. Les fenêtres ouvertes, le voilage flotte en laissant apparaître le balcon et les immeubles d'en face, noyés par le noir. Je lui dis qu'elle ressemble à la Venus de Boticelli dix kilos en moins. Je dis des choses stupides, souvent. Elle me répond que ce n'est pas la première fois qu'on lui en parle. Puis, elle me raconte comment s'est passé le séjour avec son père, Ljubljana et Venise. La première me donne envie, l'autre pas. On parle, on parle, entre le Big Mac et les frites, le shooter et la clope. Rires gauches et confidences ridicules. Les amours, les études, les amis, et même les autres. En mal, surtout. Elle se moque de mes mocassins, moi du trou dans son jean trop large. Je peine souvent à différencier les sentiments d'amitié des sentiments amoureux. Si les premiers me sont récents mais de plus en plus fréquents, les seconds me semblent encore inconnus. C'est peut-être finalement la même chose, l'attirance physique en plus. Si c'est le cas, alors je suis presque amoureux d'une pléiade de gens, ces derniers temps. Elle me dit se retenir de me sauter dessus, je ne trouve rien d'autre à faire que de la remercier du compliment.</description><content:encoded><![CDATA[<br><img src="http://img87.imageshack.us/img87/7866/sanstitre1om8.png"></img> Je ne vois que les armures, dans le salon du fond. Elles brillent un peu, malgré la rouille. Et les tableaux tout autour, un peu vieillis. Des bibelots du monde entier, des bouddhas qui ne viennent pas de Nature & Découvertes, des meubles anciens, de vieux fauteuils dépareillés sur lesquels sont entassés des dizaines de livres et disques. Les moulures imparfaites et les murs décrépis, le lustre n'écrase pas les visages de lumière. Cet endroit est étrange, et je m'y plais bien. Alors j'aime venir passer mes soirée ici, et puis c'est à trois rues. Je l'écoute un peu parler, mais mon attention s'enfuit de temps à autres. Fumant sans envie, je m'étrangle, hypnotisé par les volutes de fumée qui s'envolent. Les fenêtres ouvertes, le voilage flotte en laissant apparaître le balcon et les immeubles d'en face, noyés par le noir. Je lui dis qu'elle ressemble à la Venus de Boticelli dix kilos en moins. Je dis des choses stupides, souvent. Elle me répond que ce n'est pas la première fois qu'on lui en parle. Puis, elle me raconte comment s'est passé le séjour avec son père, Ljubljana et Venise. La première me donne envie, l'autre pas. On parle, on parle, entre le Big Mac et les frites, le shooter et la clope. Rires gauches et confidences ridicules. Les amours, les études, les amis, et même les autres. En mal, surtout. Elle se moque de mes mocassins, moi du trou dans son jean trop large. Je peine souvent à différencier les sentiments d'amitié des sentiments amoureux. Si les premiers me sont récents mais de plus en plus fréquents, les seconds me semblent encore inconnus. C'est peut-être finalement la même chose, l'attirance physique en plus. Si c'est le cas, alors je suis presque amoureux d'une pléiade de gens, ces derniers temps. Elle me dit se retenir de me sauter dessus, je ne trouve rien d'autre à faire que de la remercier du compliment.<br><br>]]></content:encoded><link>http://blog.menuet.gayattitude.com/20080505203653/16rue-lyautey/</link><dc:creator>Menuet</dc:creator><dc:date>2008-05-05T20:36:53+01:00</dc:date></item></rdf:RDF>